J’ai pu récemment tester le service tant décrié qu’est Uber à Lyon. Et je suis très content qu’il arrive dès cette semaine dans ma ville, Strasbourg. Pourquoi ? La réponse un peu plus loin.

Pourtant, je lis que ce service est fustigé partout, et principalement par les taxis, qui y voient une concurrence déloyale et « des difficultés qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur métier ».

Faisons un peu le tour de mon expérience avec les taxis et ce nouveau service venu tout droit de la silicon valley.

Petit retour d’expérience sur Uber

J’ai eu l’occasion de tester Uber lors du WordCamp Lyon grâce à un coupon de 15€ offert aux participants, et le moins que l’on puisse dire, c’est que comparé à un taxi, il n’y a pas photo !

J’ai donc pris en main l’application très bien faite, rapide et ergonomique pour commander ma première course dans Lyon. Ok, 5 minutes plus tard, nous  (j’étais accompagné)  retrouvions notre chauffeur. L’accueil dans la voiture est sympathique, la personne très aimable, serviable, et n’hésitaient pas à discuter, demandant si nous préférions la climatisation aux fenêtres ouvertes, si la musique nous convenait etc… Un conducteur nous à même offert des chocolats ! C’est une constante dans les autres courses que j’ai pu réaliser avec ce service, toutes les personnes étaient très sympathiques, ouvertes et toujours souriantes. J’ai réellement pris plaisir à partager mon trajet avec le conducteur, sachant par avance le coût approximatif de ma course, la mauvaise surprise à l’arrivée était en plus évitée. En somme une expérience vraiment simple et efficace.

Wahou ! Magique ! Surtout lorsqu’on à déjà pris un taxi en fait.

Mon expérience avec les taxis est la suivante :

J’essaye de trouver une place ou un endroit ou des taxis passent, en espérant me faire remarquer pour qu’ils me prennent en course. Oui, car je ne préfère pas appeler un taxi à une ligne téléphonique surtaxée (d’après mon expérience, compter 1,50€ l’appel, puis 0,34€ la minute, sachant qu’ils sont pas rapides…), ce dernier arrivant avec un compteur déjà à 7/8€ quand j’y entre.

Une fois dans la voiture, le compteur affichant déjà 1/2 €, l’on me demande une adresse que j’indique, et cela sera tout au niveau de l’échange, même en essayant de discuter un peu. Climatisation ou musique sont entièrement au choix du conducteur. S’en suit une course où le code de la route est très peu respecté pour aller le plus vite possible à l’adresse que j’ai indiquée. Mes yeux, eux, se fixent surtout sur le prix qui défile sur le tableau de bord, car impossible d’avoir une estimation lors de l’entrée dans le taxi.

Une fois arrivé, et ayant bien pris le soin de retirer une forte somme d’argent au distributeur avant de prendre le taxi, l’on paye en liquide, en arrondissant toujours un peu au dessus histoire d’être sympa. Oui, car la technologie de la carte bleue n’est toujours pas arrivé dans les taxis. Et si jamais vous oubliez de retirer la somme d’argent avant, le taxi vous emmènera au guichet qu’il juge le plus proche, puis chez vous de nouveau pour payer. Rajoutez 5€ sur la note. Pas un sourire pour le pourboire ni rien, j’ai juste l’impression de l’avoir fait monumentalement chier à me ramener d’un point A à un point B pour 15/20€.

Donc en plus d’avoir l’impression de m’être fait racketter payer assez cher pour avoir parcouru 5km, j’ai l’impression d’avoir embêté quelqu’un, et pour moi, ça n’a pas été une partie de plaisir du tout, aucun contact humain, je n’étais qu’une marchandise sur la banquette arrière.

Ma conclusion.

Quand je lis : « C’est une aberration, les clients ne savent même pas avec qui ils montent, c’est dément » s’énerve Roger Ritter, vice-président du SDAT (Syndicat départemental des artisans taxi) » c’est moi qui m’énerve, en tant que client.

Eh bien sachez, Mr Ritter, que je préfère monter avec un inconnu sympathique, qu’une personne tout aussi inconnue mais dont le service est beaucoup plus cher et beaucoup moins agréable et pratique. Comme beaucoup de choses, ils faut savoir s’adapter, et ceux qui ne s’adaptent pas, tôt ou tard, meurent. Il semblerait que les taxis, dont le sacro-saint monopole est maintenant ébranlé, n’aiment pas du tout cette nouvelle concurrence qu’ils jugent déloyale. Personnellement, je pense que si les taxis arrivaient à travailler ensemble pour fournir une prestation du même type qu’Uber, ils n’auraient pas à s’en faire outre mesure. J’entends un moyen simple et efficace de commander un taxi, qui ne donne pas l’impression de se faire raquetter vu le prix démentiel des courses, et dont l’expérience serait agréable. Une sorte de concurrence en somme.

L’ennemi n’est pas Uber ici, messieurs les taxis. Je comprends tout à fait qu’il vous faille rentabiliser votre licence, votre prêt pour la voiture et vos charges. Uber n’est pas tout blanc non plus, loin de là, mais l’ennemi ici est à mon sens la législation qui entoure votre métier, et vos habitudes de monopole. En des dizaines d’années d’existences, vous vous sentez menacés par une société qui n’existait pas il y a 5 ans, car vous, messieurs, n’avez pas sû faire évoluer vos prestations et manières de fonctionner. Et soyons clair, bien que j’apprécie toujours être conduit dans une grosse cylindrée de marque allemande, un voyage dans une petite citadine ne m’incommode pas du tout.

Ce que vous réussissez surtout à faire avec vos coups de gueules, opérations escargots etc…c’est vous rendre tout particulièrement détestables aux yeux du grand public, qui vous verra sous votre plus mauvais jour, comme une bande de personnes ne se souciant que de l’appât du gain. Grand public qui rappelons le, reste votre fond de commerce. Modifiez vos prestations et façons de faire, apportez une réelle valeur ajoutée en tant que professionnels, c’est ce qui vous démarquera d’Uber.

Source : Strasbourg : les taxis ne décolèrent pas contre UberPOP