Récemment j’ai publié un article sur ce blog, dans lequel j’expliquais ma réticence à remplacer mon iMac par une autre machine Apple. Du coup, j’ai décidé de me lancer dans l’aventure du Hackintosh.

Petit rappel pour ceux qui ne savent pas exactement de quoi il s’agit : il s’agit d’installer Mac OSX sur du matériel non Apple, sur du matériel très classique de PC.

Hackintosh : Pourquoi ?

Pourquoi me suis-je lancé dans le Hackintosh ?
– Evolutivité de la configuration
– Rapport prix / performance
– Les nouveaux iMac ne me conviennent pas
– Le Mac Pro est beaucoup trop cher pour moi
– Relever le défi technique

Ceci est mon premier retour d’expérience, s’en suivront certainement d’autres billets. A l’heure ou j’écris ces lignes, celà fait 3 jours qu’OSX est installé, et que la machine tourne.

Hackintosh ? Ca fonctionne comment ?

C’est une question que beaucoup de gens m’ont posé notamment sur twitter, eh bien sans détour :

Ca fonctionne très très bien une fois l’installation finalisée ! C’est même carrément bluffant !

Comment m’y suis-je pris ?

Tout d’abord, je suis vraiment parti de zéro, il me fallait tout acheter. Et pour ce faire, j’ai suivi le guide d’achat de TonyMacX86. Ce site est une véritable mine d’or, et publie régulièrement une liste de matériel pour créer un hackintosh de toutes pièces sans trop de soucis.

— Le « Buyer’s Guide de Novembre 2014 »

Première étape : Choisir les bonnes pièces

Toutes pièces de PC classique ne sont pas compatibles avec OSX. En effet, OSX est spécialement développé pour fonctionner sur une certaine variété de pièces ( celles qui composent les iMachines ), du coup, si le choix de la RAM, le SSD ne pose aucun problème en soit, le choix de la carte mère, du processeur et de la carte graphique sont déterminants !

Je souhaitais une config assez puissante, me permettant d’être à l’aise pour quelques temps, et de pouvoir jouer à des jeux récents dans de bonnes conditions.

Quelques photos
Pièces Hackintosh
(featuring le chat)
Pièces Hackintosh
Pièces Hackintosh
CPU i7-4790

Voici la liste de pièces dont est composé ma build :

  • Kingston SSDNow V300 Series 120 Goenv. 55€
  • Western Digital AV-GP 2 To env. 90€
  • WD Red Desktop 1 To env. 65€
  • Corsair CX600M 80PLUS Bronze env. 75€
  • 2 x Kingston HyperX Fury 8 Go DDR3 1866 MHz CL10 env. 140€
  • Intel Core i7-4790 (3.6 GHz) env. 280€
  • Samsung 27″ LED – S27D850 env. 450€
  • Gigabyte GA-Z97-D3H env. 100€
  • Fractal Design Define R5 Black env. 100€
  • Gigabyte GV-N770OC-2GD – GeForce GTX 770 2 Go env. 270€
  • Cooler Master Hyper 212 Evo env. 30€

Je ne reviendrais pas sur le choix de telle ou telle pièce par rapport à l’autre, le débat peut-être très long.
Je voulais une build la plus stable possible, ne nécessitant pas de drivers (kexts) spéciaux, pouvant produire des instabilités.

Bien bien se renseigner

Le site TonyMacX86 est LA référence pour tout ceux qui veulent se lancer dans l’aventure. Cherchez les références du matériel que vous souhaitez acheter, préparez bien votre coup, comme ça, vous ne vous prendrez pas le chou à chercher comment résoudre un problème si vous en rencontrez un.
Perso je me suis fait un petit dossier dans Evernote, contenant des instructions, différentes possibilités, des how-tos etc… Etre bien préparé vous permettra de ne pas galérer.

Créer sa clé USB magique

Pour ça, obligé d’avoir un Mac par contre. Ce qui peut limiter la chose chez certains. Perso j’ai toujours un MacBook Pro chez moi qui m’a permis de créer la clé USB qui m’a permis d’installer OSX.

La démarche est parfaitement expliquée sur le site de TonyMacX86 de nouveau ( faut vraiment aller voir je vous dis !)

Bien paramétrer son BIOS

Eh oui, les machines pommées fonctionnent sur un EFI, mais dont il est impossible d’accéder aux réglages. Le but est de régler le BIOS de votre carte mère pour qu’il ressemble le plus possible au comportement d’une machine à la pomme.

Dans mon cas, je n’ai que eu à faire quelques étapes :
– Charger les paramètres par défaut
– Désactiver VT-d
– Régler XHCI en mode Auto
– Désactiver Intel Processor Graphic
– Activer XHCI Hand-Off
– Activer EHCI Hand-Off
– Régler la config. SATA en AHCI

L’histoire de 5min quoi…

Une fois cela fait, on met la clé USB sur un de ses ports USB, et l’on démarre dessus.

Note importante : ne la mettez pas sur un port USB3, les drivers n’étant pas encore installés, ça ne fonctionnera simplement pas.

Premier boot

J’ai donc booté sur la clé (F12 au démarrage), et hop, kernel Panic, plein de lignes de texte s’affichent sur mon écran, le tout figé. Bon, pas de panic (ahah), il suffit de passer des arguments au boot de la clé.

Pour ceux qui sont jamais vu un kernel panic, ça ressemble à ça :

Kernel Panic

Après une brève visite sur TonyMac, l’on me conseille de ne laisser qu’une seule barrête de RAM sur les 2, et de donner ces paramètres au boot:

Deuxième boot

[php]
boot -x GraphicsEnabler=NO
[/php]

Je m’execute, très bien, j’arrive sur l’installeur classique de Yosemite, génial !

TADA!!

Installation d'OSX Yosemite

Je configure et formate mon SSD, et lance l’installation. Et PAF, RE-Kernel Panic. Je lis un peu le jargon totalement illisible qui rempli mon écran, googlise la chose, et je lis qu’il faut que j’ajoute encore des arguments au boot.
Soit ! Quelque chose qui s’appelle le « zone poisening », ne me demandez pas ce que ça fait, j’ai simplement mis les instructions, ce qui m’a donné :

Troisième boot

[php]
boot -x GraphicsEnabler=NO -no-zp
[/php]

Et là, j’ai pu tout installer correctement, sans aucun soucis, comme si j’étais sur un Mac tout ce qu’il y a de plus classique, un plaisir !

Paramétrage

Une fois rebooté, l’installeur de Yosemite me dit bonjour, et me convie à paramétrer ma machine. Je remplis mes infos, et me heurte à un freeze à la spinning rainbow wheel lors de la configuration de iCloud Keychain.

Paramètrage d'OSX Yosemite

Raison évidente : j’avais oublié d’enlever le câble réseau. Une nouvelle fois, comme l’USB3, tant que les drivers ne sont pas installés, le minimum syndical fonctionne.

Je reboot violemment, en veillant d’avoir enlevé le cable réseau, je finis l’installation tout à fait normalement, et me retrouve directement sur le bureau d’OSX Yosemite 10.10.1. Les effets de transparence ne sont pas activés, et l’interface semble lagger. C’est normal, nous avons donné au boot l’instruction « GraphicsEnabler=NO », qui doit jouer la dessus ;)

Multibeast

MultiBeast est l’application qui va vous permettre d’installer les drivers manquants de votre système, et rendre votre hackintosh parfaitement fonctionnel.

Multibeast

J’ai trouvé les options sur un guide du forum tonymacx86 pour ma carte mère.
Qui sont :

Configuration MultiBeast

Quick Start > DSDT Free
Drivers > Audio > Realtek ALCxxx > ALC1150
Drivers > Audio > Realtek ALCxxx > Intel 9 Series Motherboard Support
Drivers > Misc > FakeSMC v6.9.1315
Drivers > Misc > FakeSMC v6.9.1315 Plugins
Drivers > Misc > FakeSMC v6.9.1315 HWMonitor Application
Drivers > Intel > AppleIntelE1000e v3.1.0
Drivers > System > AppleRTC Patch for CMOS Reset
Bootloaders > Chimera v4.0.1
Customize > Boot Options > Basic Boot Options
Customize > Boot Options > Generate CPU States
Customize > Boot Options > Hibernate Mode – Desktop
Customize > Boot Options > Use KernelCache
Customize > System Definitions > Mac Pro > Mac Pro 3,1
Customize > Themes > tonymacx86 Black

Très bien, je coche les cases qui vont bien, l’application « build » tout ça, et me dit qu’il faut que je reboot.

THE reboot

Discipliné, je l’écoute, au passage rebranche mon cable réseau et réinsère la barrette de RAM enlevée précédemment et quelques secondes plus tard, je suis à nouveau sur le bureau de Yosemite, parfaitement fonctionnel, sans aucun lag.

Wahou! A ce moment là, je réalise que c’était vraiment simple et que tout semble fonctionnel, je vérifie, internet : ok, son : ok, carte graphique parfaitement détectée, processeur idem. Yipee !

Mon expérience après quelques jours

Entre temps, j’ai installé mes applications, tout à fait normalement, et utilisé ma machine comme j’utilisais mon précédent iMac.

Dual Boot sur Hackintosh

J’ai aussi installé Windows 8.1 sur un autre disque sans aucun soucis, mais en prenant le soin de déconnecter les autres disques, Windows ayant la facheuse tendance à mettre son bootloader n’importe où, je ne voulais pas qu’il m’écrase celui utilisé pour lancer OSX.
Au final, le temps d’installation, mise à jour de Windows fut plus long que celui d’OSX, recherche mise à part.
Une fois les disques reconnectés, j’ai maintenant le choix au démarrage entre mes 2 systèmes, et peut choisir entre les 2 sans soucis.

Et la stabilité alors ?

C’est étonnamment stable ! J’ai eu quelques freezes au départ sur OSX, mais qui venaient d’un réglage spécifique de ma RAM dans le BIOS, j’ai simplement choisi l’option « Stabilité accrue », et n’ai eu aucun freeze depuis.

Pour bien tester la chose, j’ai laissé tourner la machine une dizaine d’heure non stop, avec accès disques, réseaux, CPU, benchmarks, mise en veille, sortie de veille… Aucun problème à signaler. J’ai réellement l’impression d’être sur un Mac !